La « hacker house » : une colocation d’un nouveau genre

Posté le 11 Mars 2018 à 21:29

Après le « coworking », de plus en plus de jeunes aspirent à vivre et non plus seulement à travailler sous le même toit. Cela s’appelle le « coliving ».

 

Le « coliving » est un nouveau mode de vie qui vient de la Silicon Valley et qui se développe en Allemagne, en Suède, au Portugal, en Espagne, mais aussi en Asie ou en Amérique latine. On parle de « hacker house » ou de coliving : des lieux où entrepreneurs, informaticiens, développeurs, designers, codeurs, graphistes, journalistes, « digital nomades » vivent et travaillent à la fois, partageant savoirs, compétences, réseaux et moments de convivialité.

Ces travailleurs indépendants nés dans le sillage de la révolution numérique, très mobiles, n’hésitent pas à passer d’un espace de coliving à un autre, l’été en Europe, l’hiver en Asie, par exemple.

Derrière ce nouveau mode de vie, ces jeunes expriment aussi leur volonté d’innover, de construire un monde différent, plus durable et plus solidaire.

 

L’ère du « co »

 

C’est l’ère du « co » : coworking, coliving, communauté, coopération, collaboration, cocréation. On ne se contente plus de travailler côte à côte, mais on partage aussi des moments du quotidien qui favorisent les échanges : les repas, la cuisine, les courses, des activités sportives, des fêtes…

Le nombre d’espaces de coworking et de coliving dans le monde augmente tous les ans. On en comptera 10 000 dans plus de 70 pays d’ici la fin de 2016. Les personnes qui les utilisent partagent des valeurs d’entraide, d’ouverture, d’expérimentation et forment des communautés plus ou moins éphémères, tissant des liens à la fois professionnels et personnels, propices à la création et aux projets.

Dans les villes où est apparu le coliving, il y a aussi un aspect économique évident : vivre ensemble pour faire des économies de loyer. Dans le 19e arrondissement de Paris, Stéphane Bounmy, un développeur de 28 ans, a créé la première « hacker house » de Paris : « J’ai eu l’idée après avoir vu la série “Silicon Valley”. Je venais d’acheter un appartement de 80 m2 et j’ai lancé ma proposition sur les réseaux sociaux... 

 

Article publié par Le Monde