La Coloc du bonheur, une grande famille !

Posté le 10 Avril 2018 à 09:12

Le cliché de l’auberge espagnole au sujet des colocs d’étudiants a vécu. Plus d’un coloc sur deux serait un jeune actif. Exemple à la Coloc du bonheur en périphérie d’Épinal où 13 personnes cohabitent dans un bel esprit.

Pour beaucoup encore, la coloc rime avec vie étudiante. Pourtant, ce mode de vie fait de plus en plus d’émules. Notamment auprès des jeunes actifs. Et pour différentes raisons. Généralement économiques. Mais pas que. Plongée dans cet univers à 2 minutes d’Épinal où Khalid Bouziane, enseignant, s’est lancé dans ce mode de vie à son domicile, une grande ferme isolée. Depuis, ils sont 13 âgés de 21 et 35 ans à partager les repas, le ménage, et surtout les bons moments autour d’un jeu, un verre, une baignade ou un Baby-foot. « En 2010, ma situation personnelle a changé. Mes deux enfants volaient de leurs propres ailes et je me suis retrouvé seul dans une grande maison de 450 m². Je me suis dit que la coloc pouvait peut-être être une solution pour la garder. Et aussi m’apporter une vie sociale perdue » se souvient celui que les colocataires surnomment « Tonton » affectueusement.

 

« Ne pas vivre seul »

 

Dans la ferme agrandie au fil des ans avec sauna, piscine couverte, home cinéma et fumoir, l’ambiance est joyeuse. Khalid est au fourneau comme tous les soirs, pour mettre la dernière touche au menu, un couscous. Tandis que les convives mettent le couvert. « Pour qu’une coloc fonctionne, il faut des règles. Je fais à manger tous les soirs. Et une fois par mois, c’est aux colocs de le faire. Nous avons une liste sur laquelle chacun s’inscrit. Comme en cas d’absence ou quand on invite quelqu’un » note le « boss ». Qui se charge aussi des courses, moyennant une contribution. Le paradis en somme ! « Il ne reste que les tâches ménagères à assurer à tour de rôle ! » Et les « pensionnaires» jouent le jeu. « C’est idéal quand on ne veut pas vivre seul » note Ronan, qui est ici à sa 6e expérience. Marta, Catalane, qui travaille comme ingénieur (70) approuve. « C’est mon 2e boulot en France et je ne voulais pas être isolée. » Même état d’esprit pour Elodie, dans l’Éducation nationale. Max, Parisien pur jus et ingénieur automobile (88), est le doyen : « Cinq ans à mon actif et je ne m’en lasse pas. On est ici comme dans une grande famille. Le repas est assuré. Si on veut s’isoler, chacun a sa chambre. » Hafid de Douai, qui travaille à Nancy, fait même la route tous les jours. Tous arrivés là par l’annonce du Bon Coin ou par cooptation. « Le bouche-à-oreille fonctionne bien. Surtout quand il y a une bonne ambiance, une piscine ou un sauna… Je ne mets jamais la pression lorsqu’un candidat m’appelle. Je propose de venir voir et de nous rencontrer avant de décider… Même si certains croient à une secte au début (rires). » Et ça marche ! Les locataires de cette belle adresse surnommée « La Coloc du bonheur » voient revenir sans cesse « les anciens » pour les anniversaires, fêtes, etc. Sans compter les vacances et séjours organisés ensemble comme dernièrement au Maroc ou à Barcelone. Un signe qui ne trompe pas ! 

 

80 En 8 ans, Khalid Bouziane a accueilli 80 personnes pour un séjour moyen de 14 mois.

 

Article publié par Vosges Matin