Nantes. Les colocs intergénérationnelles fleurissent

Posté le 09 Mars 2018 à 10:18

Depuis sa création en 2005, l’association Nantes’Renoue a permis à plus de 450 jeunes d’être logés chez près de 200 seniors. Des colocs atypiques, qui permettent échanges et rencontres intergénérationnelles. 

 

Un logement, au loyer dérisoire, en échange de bons moments partagés entre un jeune et un senior, c’est le défi qu’a lancé Nantes’Renoue en 2005. Un pari réussi, puisque l’association recense aujourd’hui plus de 450 jeunes logés chez 200 seniors en douze ans ! « En échange d’un logement, le jeune s’engage à être là le soir, à partager un repas ou à faire une petite partie de scrabble » , résume Erwan Quemere, directeur de l’association.

C’est bien connu, étudiants, jeunes travailleurs ou demandeurs d’emploi, ne roulent pas sur l’or. Pourtant, là ne se résume pas le principe de ces colocations solidaires. « Le but n’est pas d’avoir un logement pas cher, avertit-il. C’est de créer du lien et des échanges intergénérationnels. » Une colocation pour le moins atypique, dans laquelle chacun y trouve son compte.

 

« On veille l’un sur l’autre »

 

Jean-Claude Assollant, retraité de 72 ans, joue le jeu depuis déjà quelques années. Depuis septembre dernier, il accueille Lucas Eloy, étudiant en deuxième année de sociologie, son huitième pensionnaire. « On dîne ensemble, on discute et on débat sur l’actualité, sur nos différences générationnelles, c’est passionnant ! , témoigne-t-il. Il me donne des coups de main avec l’informatique, ça me permet aussi de me maintenir dans un courant moderne. » D’un regard complice, sourires aux lèvres, Lucas approuve. « C’est très enrichissant, on partage beaucoup de choses. On veille l’un sur l’autre » , confie le jeune homme.

Pour réunir ces colocs improbables, l’association ne laisse rien au hasard. « Nous avons en moyenne 100 jeunes en entretien par an. On en prend un sur quatre, renseigne Erwan Quemere . Bien sûr, ce sont les seniors qui ont le dernier mot. » L’association admet quelques ratés, mais minimes au regard des centaines de rencontres improbables créées depuis 2005. Depuis 2015, l’association créée aussi des logements solidaires, au sein desquels les jeunes vivent dans des établissements adaptés aux personnes handicapées. Clément Duret, 27 ans, vit au foyer de la Gilarderie. « Nous assurons une veille passive, une simple présence, le soir, explique le jeune homme. On papote, on échange, il y a une vraie relation de voisinage qui se crée. Je me sens très utile. » Une belle manière de rompre l’isolement pour certains, ou de s’engager pour d’autres.



Article publié par Ouest France